Helpx en route vers Meadow LakeJe vous invite à découvrir l’histoire de mon premier bénévolat, voici la première partie sur une série de quatre articles. Meadow Lake et la Saskatchewan. Deux noms inconnus, deux noms que je n’avais jamais entendu et qu’il m’a fallut du temps pour simplement les retenir. Il s’agit du nom d’une ville, Meadow Lake, et du nom de la province où elle se trouve, la Saskatchewan.

 

Partir en Helpx

Quand je suis parti pour mon PVT au Canada, je ne pensais pas que j’irais vivre quelques semaines dans cette province car rares sont les voyageurs qui y mettent les pieds. Pourquoi alors y être allé vous demandez-vous ? Et bien, ça s’est décidé un peu sur un coup de tête. Je cherchais à réaliser l’un des souhaits de mon PVT, j’en avais deux : entraîner des chiens de traineau ET prendre le Canadien (le mythique train reliant l’Est à l’Ouest du Canada). Je pensais vraiment partir directement vers l’Ouest, à peine arrivé à Montréal, et pourtant tout s’est déroulé autrement.

Je suis arrivé début octobre, j’ai réalisé un premier voyage dans la province du Québec et je voulais donc ensuite entrainer des chiens de traîneau. J’espérais partir vers le Yukon. Rien que le nom et l’image que je me fais de ce territoire canadien me font rêver !

Malheureusement, dans les annonces que j’ai pu voir, tout était déjà complet. Certains l’étaient même déjà jusqu’à l’été suivant…

Meadow Lake sur une carte du Canada

Meadow Lake sur une carte du Canada

 

Le commencement

J’ai donc parcouru le site Helpx à la recherche de mon premier bénévolat dans le domaine du chien de traineau. Il y avait l’air d’y avoir des opportunités dans la province du Québec mais je désirais partir vers d’autres horizons. Je suis tombé sur l’annonce de Vicki et Roger à la Saskatchewan et je me suis dit « Ben tiens, et pourquoi pas après tout ! ».

Je voulais partir dans une province anglophone pour pratiquer mon anglais pas formidable il faut bien le dire. J’ai alors rédigé un petit mail et il n’a pas fallu bien longtemps pour recevoir une réponse. Génial, ils étaient partants pour me recevoir. Ils avaient de la place pour moi dès à présent et me demandaient quand je désirais venir exactement. Je leur ai proposé une date très proche, pour tout dire, à peine une semaine plus tard. J’allais y séjourner du 3 novembre au 15 décembre.

Pour certains, ça peut sembler beaucoup et pour d’autres bien peu. Mais pour une première expérience et comme je désirais partir à New-York pour Noël, je me disais que 6 semaines, c’était la durée parfaite.

Je me suis empressé de réserver mes vols aller-retour de Montréal à Saskatoon. Ils étaient un peu chers, c’était après tout une réservation de dernière minute, mais je ne voulais pas rater cette opportunité. J’étais rassuré et ravi de pouvoir vivre cette expérience. J’avais déterminé les dates optimales par rapport au prix des avions.

La plupart des voyageurs au Canada laissent de côté les provinces du Manitoba et de la Saskatchewan, c’était donc une motivation supplémentaire pour moi de m’y diriger et de découvrir un peu cette région méconnue.

Mes vols réservés, j’ai par la suite fait un skype avec ma famille pour leur annoncer que je partais pour Meadow Lake.

  • Meadquoi ?
  • Meadow Lake. Une petite ville dans le Saskatchewan (oui à cette époque j’ignorais que l’on disait « à la » et non « dans le » ! Merci à Pam de Voyager sa vie pour l’info).
  • Euh oui mais tu connais ces gens là ? Me demanda ma mère
  • Oui ! Enfin non ! Juste par e-mail.

Mon père me dit :

  • Donne-nous l’adresse de l’endroit où tu seras qu’on puisse au moins le savoir au cas où il se passerait quelque chose.
  • Bah euh je ne sais même pas l’adresse, c’est un peu difficile de savoir où c’est exactement… Je n’ai pas trop d’infos ! C’est un peu perdu au milieu de nul part !

Et c’était parti, j’ai le don de stresser ma famille avec mes idées de voyages !

La veille du départ, la pression montait.

 

En route vers Meadow Lake

3 novembre 2015, la nuit fut bien courte, à peine 3 heures. Il me fallait prendre un métro à Montréal, le tout premier de la journée, pour ensuite prendre un bus qui me mènerait à l’aéroport. Puis deux avions et deux bus dont un dernier de 4 heures.

Ah, l’aéroport de Montréal. J’y avais atterri un mois plus tôt et je reprenais déjà un avion.

Bénévolat Saskatchewan Meadow Lake

Je m’envolais pour Winnipeg où j’avais une correspondance pour Saskatoon. Dans la file pour l’enregistrement de mon bagage, je me souviens d’un homme qui regardait mon sac et me disait « Oh Winnipeg, je n’y suis jamais allé. T’es venu voir le match de Hockey ? Ils ont perdu contre Montréal ! ». Winnipeg n’était que mon escale. Je n’ai pas encore eu l’occasion de découvrir cette ville d’ailleurs. Ils me font rire, ce sont des fans de Hockey ici.

Arrivé à l’aéroport de Saskatoon, j’étais un peu perdu, je savais que je devais prendre un bus qui m’emmènerait au centre-ville mais je ne savais pas où il se trouvait exactement.

Bénévolat Saskatchewan Meadow Lake

J’ai alors demandé de l’aide à une femme que j’apercevais à un comptoir. Je me suis mis à baragouiner un peu d’anglais, je ne comprenais pas tout ce qu’elle me disait excepté le fait que son fils habitait à Meadow Lake et était policier. Elle m’indiquait que le bus pour le centre-ville de Saskatoon se payait en monnaie et uniquement avec le compte juste.

Le ticket coûtait 3,50 $ et j’avais juste quelques pièces mais pas suffisamment pour cette somme. Elle fouilla alors dans son sac et me donna 1,10 $ pour compléter ma somme. Elle me montra ensuite l’endroit exact où je devais attendre le bus. Je l’ai remercié, j’étais touché par son aide, ça faisait tellement plaisir.

Elle me demandait ce que j’allais faire là-bas mais je ne savais même pas comment dire « chien de traîneau », je l’ai quitté sans qu’elle puisse vraiment en savoir davantage.

Peu de temps après, je prenais un bus. Le chauffeur me demandait ce que je venais faire ici à la Saskatchewan, c’était vraiment rare de voir des voyageurs en sac à dos par ici. Je lui expliquais comme je le pouvais. Il m’indiqua l’endroit où je devais descendre. De là, je me dirigeais vers la gare des bus où je devais prendre un bus quelques heures plus tard pour Meadow Lake.

4 heures de trajet. Je patientais tout en regardant autour de moi, je me demandais « Mais qu’est-ce que je vais faire au milieu de nul part chez des gens que je ne connais même pas et ce durant 6 semaines ! » ! Bon ok, ça me stressait un peu mais j’aimais bien cet aspect inconnu du voyage.

Il commençait à se faire tard. Il faisait noir et j’arrivais au terminus à Meadow Lake. Je descendis avec mon sac à dos. Cela faisait une heure que je n’avais plus de réseau sur mon téléphone. Je ne voyais personne autour de moi hormis le chauffeur du bus et je ne pouvais contacter personne.

Je marchais un peu avec mon sac ne sachant pas trop vers où aller. J’attendais en espérant qu’ils viendraient bel et bien me chercher. J’étais là avec 10 minutes d’avance après tout, je me disais qu’il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. Il faisait un peu froid. Je n’avais même pas vu une photo de mes hôtes, aucune idée de ce à quoi ils ressemblaient.

Puis, une voiture s’arrêta à une centaine de mètres de moi. Deux personnes attendaient, la femme me faisait un petit signe. Ce devait être eux. Peu de chance que ce ne soit pas le cas. Je me dirigeais vers eux, on se serra la main et ils m’invitaient à monter dans leur pick-up.

Durant le trajet, c’était Vicki qui me parlait le plus, elle me posait pas mal de questions pour en savoir un peu plus sur moi. Je lui disais que j’apprenais l’anglais et que je ne comprenais donc pas tout. Ce à quoi, elle me répondit « Pas de soucis, tu vas voir avec nous tu vas progresser durant les 6 semaines ».

Nous roulions quelques minutes avant de déjà se trouver sur des chemins de terre, puis ensuite dans des petits chemins au beau milieu des bois. Il faisait tellement sombre que seul les phares me laissaient deviner le paysage.

Après 30 minutes de trajet, nous y étions. Un gros chien fonça sur moi. Vicki me le présenta comme Demon. Je le caressais un peu avant de rentrer dans leur maison. Une maison si chaleureuse dès le premier coup d’œil, tout en bois, j’aimais déjà cela.

Je fis la connaissance d’Alastair, un anglais de 31 ans, qui était là depuis près d’un an avec Vicki et Roger.

17h30 de trajet au total, depuis un appartement Montréalais où un ami m’hébergeait pour me retrouver dans une maison en bois au milieu de nul part proche d’une ville qui m’était alors complètement inconnue.

Nous nous sommes posés à table et avons parlé pendant bien deux bonnes heures. Je me sentais déjà bien avec eux. J’étais le 4e bénévole qu’ils recevaient. Avant moi, ils avaient eu une allemande, un français et un anglais. Que des européens.

Nous parlions et en apprenions plus les uns sur les autres. Rapidement, l’horloge afficha une heure du matin, je n’avais même pas vu le temps passer et je parlais en anglais depuis deux bonnes heures. Je n’avais jamais parlé anglais aussi longtemps.

Tout le monde commençait à être un peu fatigué. Vicki me montra ma chambre. La chambre dans laquelle j’allais passer mes nuits durant 6 semaines. Je ne pouvais pas encore voir l’extérieur. J’avais hâte d’être le lendemain et de découvrir leur propriété.

Bénévolat Saskatchewan Meadow Lake

Le lendemain, je m’étais levé avec joie. Vicki et Roger étaient absents. Je ne voyais pas Alastair pendant un bon moment, jusqu’à ce que je le distingue à l’extérieur. Il m’expliqua le fonctionnement, où tout se trouvait, dans les différents bâtiments et me montrait un peu les chiens. C’est avec lui que j’allais d’ailleurs passé beaucoup de temps à travailler avec les chiens.

Alastair était là depuis octobre 2014 et prévoyait de rester jusqu’en avril 2016. Il a également un PVT mais il a pu faire une demande qui est d’une durée plus longue. Comme pour les Français mais malheureusement pas pour les Belges. Je comprenais mieux pourquoi il connaissait si bien le lieu, le boulot à faire et toute la famille.

J’avais été surpris d’une chose lors du premier repas ensemble. La prière à table. C’était une chose à laquelle je n’étais pas habitué étant athée. Même si je ne faisais pas la prière avec eux, je respectais totalement ce moment, j’étais là pour apprendre un mode de vie différent après tout et qui suis-je pour pouvoir juger.

Au fur et à mesure des jours, je rencontrais plusieurs membres de la famille dont leurs filles Eliesha et Amanda, toutes deux étaient mariées et avaient des enfants. Sur mon séjour, j’ai pu rencontrer tant de personnes qui étaient adorables avec moi, et s’intéressaient vraiment à qui j’étais et à mon pays. Ils m’ont appris beaucoup de choses sur leur province.

J’avais d’ailleurs utilisé à plusieurs reprises l’hyperlapse que j’avais réalisé de Sambreville pour leur montrer d’où je venais, c’était un très beau moyen de montrer ma région en Belgique.

 

Quelques infos sur la ville de Meadow Lake

Bénévolat Saskatchewan Meadow Lake

La ville de Meadow Lake où je me suis retrouvé me fait penser à des films et séries, c’est vraiment le type de petite ville que l’on peut voir par exemple dans « Under the dome« , avec le château d’eau et les commerces de bases.

Bénévolat Saskatchewan Meadow Lake Bénévolat Saskatchewan Meadow Lake

Elle se trouve dans le nord-ouest de la Saskatchewan. Toute petite ville d’à peine 5 000 habitants où non loin se trouve un parc provincial que je n’ai pas eu l’occasion de visiter.

La Saskatchewan est très plate, il est possible de voir loin aux alentours jusqu’à 20 km, voir plus, car peu d’obstacles bouchent la vue.

 

 

Ce n’est sans doute pas une ville dans laquelle je vous proposerai de passer vos vacances. Il y a de nombreuses petites villes de ce genre. Sans le bénévolat, je n’y serai certainement jamais allé. C’était par contre sympa de la découvrir avec ses habitants, mais sans ça, il n’y a pas grand chose à faire.

J’étais étonné de voir à quel point dans cette ville la plupart des personnes avaient des pick-up, mais c’est compréhensible en voyant les routes de terre.

Aimeriez-vous partir vers ce genre d’aventure ? Oseriez-vous ? Et si oui, dans quel genre de bénévolat ?

 

Le dossier complet du bénévolat avec les chiens de traîneau en Saskatchewan : 

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