Road trip en stop en Islande en hiverJ’ai suivi l’aventure d’Astrid en stop en Islande sur sa story Instagram. J’étais impressionné par son voyage, son audace et son courage. Nous avons eu l’occasion de nous rencontrer durant le WAT18 en Aveyron et de discuter ensemble pour la première fois.

 

Interview – Astrid, un road-trip en stop en Islande et en hiver

Après son aventure sur la Route de la Soie en auto-stop durant 9 mois et à travers 10 pays, son séjour en auto-stop en Islande durant l’hiver, et bien d’autres voyages, je me suis dit que je me devais impérativement de vous faire découvrir Astrid du blog « Histoires de tongs ». Alors c’est parti, parlons un peu d’autostop en Islande et de camping sauvage.

 

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Bonjour à tous ! Je m’appelle Astrid, et je suis devenue nomade depuis près de cinq ans. J’ai longtemps travaillé dans les centres sociaux, avant de tout quitter pour réaliser mon rêve : faire le tour du monde. Depuis 2013, je vadrouille constamment autour de la planète, en stop ou en van aménagé, sans itinéraire précis. Dernièrement, après avoir traversé l’entière Route de la Soie sur le pouce, j’ai passé un mois en Islande où j’ai tenté de faire le tour du pays, toujours en stop, et ce durant l’hiver. Aujourd’hui, je me prépare à partir à pied vers Compostelle, depuis Orléans. J’aime lire, écrire, faire de jolies photos, et plus que tout prendre mon temps.

 

Tu voyages d’une manière quelque peu différente, peux-tu nous en parler ? 

Effectivement, j’ai développé au fil du temps un sacré penchant pour le stop. Pour moi, il ne s’agit pas d’un moyen de transport allant d’un point A à un point B gratuitement, mais bien une porte ouverte sur le monde, offrant de belles rencontres que je n’aurais jamais eu l’occasion de faire autrement. Plus que le déplacement en lui-même, le stop est devenu pour moi une véritable philosophie de vie.

Faire du stop en Islande en hiver

 

Où as-tu déjà eu l’occasion de pratiquer le stop ? Qu’est-ce qui t’attires dans ce mode de transport et quels sont les principaux dangers de pratiquer de l’auto-stop en voyage ?

Sur mes cinq ans de vie nomade, j’en ai consacré à peu près trois à la pratique du stop, sur tous les continents. J’ai eu un gros coup de cœur pour la Chine, car les habitants rencontrés sur place étaient tous des fous de générosité, bien que nous ayons eu énormément de mal à communiquer : de jolis fous rires, qui resteront gravés à jamais en ma mémoire. 

Le stop est bien moins dangereux qu’on ne le pense, car comme souvent, les histoires médiatisées sont de loin les plus sombres. Bien sûr, il arrive parfois qu’un malheur survienne, une mauvaise rencontre, comme cela peut se produire en allant acheter son pain. Mais jouer du pouce depuis tout ce temps m’a appris d’apprendre que l’être humain est de façon générale bienveillant. Toutefois, l’accident de voiture constitue un danger bien réel, notamment dans certains pays où les normes de sécurité routière diffèrent grandement des nôtres. Dans ce cas, il ne faut pas hésiter à écouter son feeling et à descendre de la voiture.

 

Je sais qu’il s’agit d’une question que beaucoup de filles peuvent se poser, je te la pose donc : est-ce à tes yeux plus dangereux de voyager en stop lorsque l’on est une femme ?

Je ne crois pas. J’ai par exemple des amis hommes qui ont eu des soucis à plusieurs reprises. J’ai aussi des copines auto-stoppeuses à qui rien n’est jamais arrivé de mal. D’après mon expérience, beaucoup de personnes souhaitent m’aider encore plus, car je suis une femme. C’est d’ailleurs assez drôle, car je ne me considère en rien « diminuée » par rapport à mes pairs auto-stoppeurs masculins. Mais puisque l’on veut bien me donner un coup de main, je ne dis pas non !

 

Te souviens-tu de ta toute première expérience en stop en voyage ? Avais-tu peur à ce moment-là ?

Oui, bien sûr ! C’était il y a longtemps ! J’étais alors en Grèce, avec une amie Sud-Coréenne rencontrée à Séoul. C’était également sa première fois, et nous n’avions aucune idée de la manière de procéder. Coup de chance, en Grèce, les routes ne sont pas bien nombreuses. Impossible de nous perdre, nous avons ainsi atteint notre destination en une demi-journée, sous un soleil radieux. C’est sûrement plus simple de sauter le pas à deux, et sur une courte distance. Du moins, c’est ce que j’ai fait, et cela m’a paru d’une facilité déconcertante.

 

As-tu rencontré certaines difficultés à faire de l’auto-stop durant tes voyages ? As-tu vécues des rencontres marquantes ? Que cela soit de façon positive ou négative.

Les difficultés font partie de la vie de l’auto-stoppeur. Avec le temps, on apprend à les accepter, et à les gérer. Elles sont de différents ordres : l’attente, la mauvaise météo, l’absence de véhicule, les températures extrêmes, l’altitude… Ainsi, je suis restée bloquée plusieurs jours à la frontière séparant le Kirghizistan du Tadjikistan, c’est le jeu. Quant aux rencontres marquantes, je vous parlais juste avant de la Chine, mais ce sont des milliers de belles histoires que je pourrais vous conter ici.

 

Venons-en sur ton voyage en stop en Islande, comment celui-ci s’est-il passé ?

Plutôt bien, j’en suis revenue ravie ! Je ne vous cache pas que j’ai eu un peu froid, et que j’ai connu quelques galères, mais je m’en doutais bien avant de partir, et c’est donc avec philosophie que j’ai attendu que les choses s’arrangent. J’ai fait de jolies rencontres, et surtout j’ai eu la chance d’admirer des paysages spectaculaires : l’Islande, un pays à part.

Faire du stop en Islande en hiver

 

Combien de temps as-tu voyagé durant cet hiver en Islande ? Quel a été le moment le plus marquant à tes yeux (ou les moments les plus marquants) ?

J’ai passé un mois en Islande, et nombreux furent les moments marquants. Si je devais n’en retenir qu’un, ce serait l’une de mes dernières journées. J’étais alors accompagnée de Denis et de ses deux enfants, qui m’avaient récupérée au bord de la route. Nous avons passé une dizaine d’heures ensemble, et avons eu la chance de voir un glacier, de magnifiques chutes d’eau, des icebergs, mais aussi une quarantaine de phoques alors que le soleil disparaissait en fond de tableau : un moment magique, d’une émotion saisissante.

 

Pourquoi choisir de partir voyager en Islande en stop durant l’hiver ?

Pour voir des aurores boréales bien sûr ! Je n’en ai vu qu’une fois, mais cela m’a rendue tellement heureuse et reconnaissante… Là aussi, un souvenir impérissable, d’autant plus que j’étais alors accompagnée d’une jeune polonaise adorable, qui m’avait accueillie pour la nuit.

 

Comment se sont déroulées tes expériences avec le camping sauvage en Islande ?

Fraîchement, mais dans la joie et la bonne humeur. Le souci était surtout de savoir où j’étais autorisée à camper, et où cela m’était interdit. Je ne vais pas rentrer dans les détails ici, mais pour ceux que cela intéresse, vous pouvez découvrir mon carnet de voyage de l’Islande en auto-stop et en camping sauvage, j’y ai glissé toutes les infos nécessaires.

Faire du stop en Islande en hiver

 

Quelques galères à partager à propos de cette aventure ? T’es-tu retrouvée seule au milieu de nulle part sans voir de voiture arriver ? As-tu eu peur à un moment pour ta vie suite au froid et aux tempêtes ?

Haha oui c’est arrivé à plusieurs reprises. Dans ces cas-là, j’ai dû patienter en espérant qu’un conducteur pointe son nez, ce qui a toujours fini par arriver. Je n’ai jamais eu peur car je suis quelqu’un de prudent, et j’ai fait en sorte de ne pas me mettre en danger. Une fois seulement, alors que le blizzard était vraiment intense et le froid mordant, j’ai réalisé que si personne ne s’arrêtait pour moi dans les heures à venir, j’irais sûrement au devant de grandes difficultés. Heureusement, la roue a tourné pour moi, et tout s’est parfaitement bien terminé. C’est aussi cela, le stop : apprendre à faire confiance en l’être humain. Un vrai cadeau de la vie, en somme.

 

Que gardes-tu comme souvenir de cette expérience ?

J’en garde bien sûr un superbe souvenir, il faudrait être difficile pour affirmer le contraire ! Si cela était à refaire, je prendrais malgré tout quelques affaires chaudes en plus. Et une tente qui ne serait pas cassée : une bonne idée, non ?

 

Quel est le coût d’un voyage en stop en Islande ?

Le coût peut aller de 0 à 1000 €, difficile de donner un budget. Pour ma part, un mois en Islande m’a coûté 400 € tout compris : avion, hébergement et nourriture. Cela est très peu cher comparé au coût de la vie sur place, mais c’est parce que j’ai beaucoup glané ma nourriture, j’ai campé et je n’ai fait que du stop. Les quelques dépenses restantes ont servi à payer un verre à celles et ceux qui étaient en ma compagnie, à acheter des cartes postales pour mes proches, et à quelques bricoles.

Faire du stop en Islande en hiver

 

Avec toutes tes expériences en auto-stop, à combien de kilomètres en stop en es-tu à présent ?

Je n’en ai aucune idée ! 

 

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite tenter le stop mais appréhende beaucoup cela ?

Déjà, il ne faut pas se forcer. Si on ne le sent pas, autant voyager autrement. Faire de l’auto-stop, c’est aussi apprendre l’art de s’écouter, et de se respecter. C’est de cette manière que l’on reste en sécurité. Donc si l’envie n’est pas réelle, mieux vaut s’abstenir. Pour celles et ceux qui hésitent, mais qui sont tentés, commencer à deux et sur une petite distance fonctionnera très bien, j’en suis sûre !

 

Pour terminer, quelques conseils pratiques à donner aux lecteurs pour un voyage en Islande en auto-stop et en camping sauvage ?

Apportez un duvet bien chaud, des chaussures imperméables, et surtout une grosse dose de bonne humeur et de patience !

 

Vous pouvez retrouver les aventures d’Astrid sur :

Le blog voyage alternatif d’Astrid
Sa page Facebook

Merci Astrid pour le partage de ton expérience sur l’Islande en hiver et particulièrement sur ton expérience d’autostoppeuse. Je te souhaite de belles prochaines aventures en stop aux 4 coins du monde.

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