Faire le Ravel d'anhée à TaminesMarcher sur les rails de l’ancienne ligne de chemin de fer 150 est possible. Il s’agit là d’une belle balade à réaliser en Wallonie. J’ai eu l’occasion de faire une marche de 40 km de Hoegaarden à Namur sur l’ancienne ligne de chemin de fer 142 et j’avais envie d’en découvrir une autre.

 

 

Parcourir le RAVeL d’Anhée à Tamines

Le RAVeL d’Anhée à Tamines se trouve entre le RAVeL W6 – Au fil de l’eau et le RAVeL W5 – D’une vallée à l’autre. Ce RAVeL W4 – Canaux, fleuves et rivières va de Leers-Nord à Anhée.

Il existe en effet une multitude de RAVeL en Wallonie et il n’est pas obligé de les faire en totalité. Je vais donc vous parler aujourd’hui de la portion d’Anhée à Tamines qui relie la Meuse à la Sambre sans passer par Namur en 42 km.

Pour la petite histoire, la ligne 150 reliait Tamines à Dinant et 7 trains y passaient chaque jour en 1898. Ce tronçon Tamines-Ermetton-Anhée a été ouvert en 1890 et a fermé en 1962. L’idée était de raccorder le bassin industriel de Charleroi à la Gaume en permettant le transport de minerais de fer et de charbon.

L’ouverture du tronçon Ermetton-sur-Biert à Anhée a coûté beaucoup d’argent. Long de seulement 16 km, celui-ci a demandé la construction de nombreux ponts et de percer 2 tunnels de plusieurs dizaines de mètres dans la roche. 

Après 70 ans, cette ligne a cessée de fonctionner. En effet, le 25 août 1962, les trajets s’arrêtèrent sur cette ligne qui fut autrefois importante. Cette ligne a été prospère jusqu’aux années 1940.

C’est entre 2008 et 2010 que le tracé Anhée-Mettet a été aménagé en RAVeL et qui me permet aujourd’hui de vous raconter mon parcours sur cette Ligne de fer 150.

 

Mon carnet de voyage sur le RAVeL Anhée-Tamines

Pour tout vous dire, ce RAVeL Anhée-Tamines va plus exactement jusqu’à Charleroi. Je n’ai pas réalisé la partie de Tamines à Charleroi ayant déjà eu l’occasion de la faire par le RAVeL de Sambre précédemment.

Je m’en vais donc jusqu’à la gare d’Yvoir. De là, je marche 2 km pour rejoindre le sentier menant à Fosses. Sur le trajet, je vis déjà un joli premier moment avec l’envol de différents oiseaux. La journée s’annonce bien grise. Habituellement, je cherche toujours à opter pour une journée sous le soleil mais novembre approche, cela se fait de plus en plus rare.

En ce 25 octobre, je me trouve donc devant le panneau débutant la randonnée sur la L150. J’ai hâte de marcher sur ce sentier, au moment de mon départ, je ne sais pas exactement combien de km je vais avoir à parcourir. Je sais juste que j’en ai 33 jusqu’à Fosses mais que le trajet continue ensuite.

Sur le RAVeL L150, je vais passer par Maredsous, Mettet, Fosses et Aisemont. Il est 9h, je fais mes premiers pas et dès le début du sentier, je tombe sur plusieurs vestiges de cette ligne 150. J’apprécie fortement que tout cela ait été conservé sur ce RAVeL Anhée Aisemont.

Même s’il a plu durant la nuit, j’apprécie randonner durant l’automne qui pour moi est la meilleure saison pour cela. Même si aujourd’hui, il ne fait que 11 degrés pour toute la journée.

Je marche en prenant quelques photos même si la lumière n’est pas comme je l’aime. Je passe à un moment par les Draisines de la Molignée. Cela m’offre une pensée pour l’Aveyron, où quelques mois plutôt, j’ai eu l’occasion de tester ce type d’activité. Cette fois-ci, je n’en profiterai pas car je préfère marcher mais certains touristes ne s’en privent pas. Qui sait, je reviendrai peut-être un jour pour cela, c’est en tout cas une belle activité à tester en Wallonie.

Je passe sous mon premier tunnel, il est assez court. J’aime les paysages tout autour de moi. J’observe le rail où passe la Draisine, les arbres aux couleurs automnales ainsi que la roche qui a été détruite pour permettre le passage de cette ancienne ligne de chemin de fer.

Les feuilles au sol sont si belles, il faut juste faire attention de ne pas glisser, ce qui a faillit m’arriver en voulant prendre une photo sur le rail.

Ce sentier permet de passer par quelques petits villages qui ont l’air fort sympathiques mais où je ne pourrai pas m’arrêter par manque de temps.

Soudainement, un American Staff sans muselière me fixe. Ce qui semble être son propriétaire est à plus de 20 mètres et ne bouge pas. Le chien s’approche de moi, grogne et me sens les jambes. Je continue de marcher en relevant les mains à ma hauteur pour éviter de me les faire attraper. L’homme au loin en appelle un autre qui crie après le chien mais celui-ci n’en a rien à faire. Un groupe de 15-20 jeunes est derrière moi, hurlant, sans doute un baptême étudiant. Le chien se pose et fixe le groupe s’approchant comme prêt à bondir. Le maître se décide enfin à courir pour rattraper son chien. Je n’étais pas rassuré, j’adore les chiens mais je reste méfiant des chiens que je ne connais pas et en particulier de certaines races.

Je passe soudainement par un long tunnel pour que de l’autre côté je puisse arriver à Maredsous.

J’arrive donc au niveau du panneau m’indiquant la direction pour l’Abbaye de Maredsous. Malheureusement, je ne m’y arrête pas. Il faut compter environ 1.7 km de détour aller-retour et comme je ne sais pas ce qui m’attend encore au juste, je préfère ne pas prendre le risque. Je sais déjà pertinemment que je vais devoir randonner dans le noir au vu de la distance à parcourir.

Lors de ma pause midi un peu plus loin de Maredsous, j’ai de plus en plus froid. 30 minutes sans marcher refroidit bien le corps par cette température. Je me fait donc une joie de redémarrer la marche.

Je continue ma route, j’aperçois de très rares cyclistes et quelques vaches. Le temps n’a pas l’air de vouloir m’offrir une éclaircie et je n’ose plus m’arrêter par peur d’avoir trop froid. J’enchaîne donc les kilomètres, encore et encore, tout en observant les vestiges toujours présent sur cette ligne 150.

Quelques panneaux indiquent la ville où je me trouve, comme si je parcourais ce trajet en train. Cela me plaît.

Je suis par ailleurs étonné de voir que les bois de l’ancien chemin de fer sont toujours sur le RAVeL malgré les années qui passent. La végétation prend le dessus jusqu’à les couvrir de plus en plus. Je me demande pourquoi cela a été laissé là plutôt que d’en faire autre chose.

Ce RAVeL 150 est l’occasion de découvrir des champs comme j’avais pu le constater sur le tracé Hoegaarden – Namur qui est donc également une ancienne voie ferrée de Wallonie.

J’aime voir que les anciennes gares vivent toujours d’une certaine manière car elles sont bien souvent réaménagées en habitation.

Soudainement, je suis surpris par le regard d’un alpaga. C’est le premier que je vois de ma vie. Au Canada, j’avais vu des fermes d’Alpagas, j’avais tellement envie d’y faire un bénévolat mais j’avais plutôt opté pour les chiens de traineau et n’avais finalement pas eu l’occasion d’en réaliser un second. Il est tellement beau et attendrissant cet alpaga.

Juste à côté du lac de Bambois, il est possible de passer par une bien jolie forêt. Dès mes premiers pas, je suis surpris par une affiche collée sur un arbre. Celle-ci annonce les battues et les heures de chasse. Ah la chasse, ah les chasseurs… Je suis rapidement surpris de plusieurs coups de feu ! À vrai dire, ce ne sont malheureusement pas les premiers de mon parcours. Plus tôt, dans des champs, j’ai vu des chiens de chasseur. Lors de ma marche, j’ai entendu le silence se rompre par la violence meurtrière. En tant qu’amoureux des animaux, en tant que végétarien et défenseur de la cause animale, j’ai énormément de difficulté à comprendre cette passion de tuer des êtres vivants.

Ce bois est joli, il dégage quelque chose de fort avec d’autres vestiges ferroviaires. Heureusement, ce n’est pas un jour de battue, je le traverse donc mais à moitié rassuré. Je repense au cycliste français ayant été abattu par un chasseur quelques jours plus tôt… Oui, je ne suis pas rassuré. Je peux y passer mais je ne réalise aucune pause. Je prends juste quelques photos et je file sans quitter le sentier du RAVeL. Au fur et à mesure des pas, il y a de nouveau quelques coups de feu et j’ai espoir que ce pauvre animal n’a pas été touché.

Du côté de Fosses-la-Ville, il existe de nombreux panneaux expliquant à merveille les différents éléments présents sur une voie ferrée. Je prends le temps de tous les lire afin de mieux comprendre ce que représentent ces vestiges.

Et tout doucement, le soleil se couche, la nuit tombe et je me retrouve dans le noir. À Aisemont, le tracé de la ligne 150 via le RAVeL se termine. Je ne savais pas au préalable où celle-ci s’arrêtait exactement mais je savais qu’il y avait une portion sur la route.

J’ai ma lampe frontale depuis 15-20 minutes lorsque j’arrive sur la route. Je suis étonné de voir que je me retrouve à même la route, sans trottoir. Pas le choix, j’ai donc continué via la route pour rejoindre Tamines sur le RAVeL de la Sambre. Il faut marcher sur la route pendant 4,5 km et c’est un peu dangereux les 2 premiers km sans trottoir, quand il fait nuit… Heureusement, j’ai ma lampe frontale pour voir où je vais et surtout pour indiquer ma présence aux automobilistes. Je me mets bien sur le côté dès qu’un véhicule se pointe, ils ne peuvent pas me rater avec cette lampe.

Après 2 km pas tout à fait détendu, je me retrouve à Falisolle où je vois un trottoir qui me mènera jusqu’au bout en plus grande sécurité.

Lorsque je vois le panneau du RAVeL au pont de Tamines, je réalise que j’ai marché 44 km ! Je n’en reviens pas une seconde. Jamais, je n’ai marché autant. J’ai battu mon record de 38-40 km des précédentes fois.

Je réalise qu’à un moment, que je fasse 35 km ou 40 ou plus, mon corps ne souffre pas, il continue. Dès que je dépasse le cap des 25-30 km, je ne réalise plus aucune pause et je continue jusqu’au bout avec conviction. 

Le lendemain, je n’ai même pas de courbatures, je suis heureux. Je suis bel et bien motivé à continuer à découvrir le RAVeL.

La partie que j’ai préféré sur ce parcours est clairement la portion du RAVeL d’Anhée à Maredsous.

Pour suivre mes aventures en direct, retrouvez-moi sur Instagram et découvrez quelques autres contenus sur Facebook.

 

Quelques informations sur le RAVeL en Wallonie

Si vous souhaitez effectuer le même parcours que moi. Sachez que vous pouvez très facilement rejoindre les gares de Dinant ou Yvoir.

Depuis la gare d’Yvoir, vous aurez 2 km à marcher pour rejoindre le sentier qui se trouve sur le RAVeL allant vers Dinant. Dans le cas où vous souhaiteriez débuter à Dinant, vous aurez 6 km à marcher sur le RAVeL.

Si vous souhaitez longer uniquement le sentier L150 (l’ancienne ligne de chemin de fer 150), vous pouvez faire le trajet d’Aisemont à Anhée en 37 km. Pour rappel, d’Aisemont à Tamines, vous êtes sur la route.

Depuis le début du sentier, vous pouvez vous rendre à l’Abbaye de Maredsous en 16 km.

Le RAVeL W4 – Canaux, fleuves et rivières se fait en 6 étapes :

  • La première allant de Leers-Nord (Estaimpuis) à Tournai en 23 km
  • La seconde de Tournai à Péruwelz en 22 km
  • La troisième de Péruwelz à Mons en 30 km
  • La quatrième de Mons à La Louvière en 19 km
  • La cinquième de La Louvière à Charleroi en 45 km
  • La sixième de Charleroi à Anhée en 49,5 km

La cinquième portion et la sixième portion peuvent se diviser en deux parties si vous effectuez le trajet à pied.

Le sentier RAVeL W4 n’est pas le seul existant en Wallonie, vous pouvez vivre de belles aventures sur plusieurs itinéraires régionaux, à savoir :

  • W1 : Entre Dendre et Hauts-Pays – De Grammont/Geraardsbergen aux Honnelles / 71 km
  • W2 : La Véloroute de la Bière – De Braine-l’Alleud/Waterloo à Aix-la-Chapelle/Aachen (Allemagne) / 177 km
  • W3 : La Véloroute des Carnavals – De Tubize à Chimay / 111 km
  • W4 : Canaux, fleuves et rivières – De Leers-Nord à Anhée / 188 km
  • W5 : D’une vallée à l’autre – De Hoegaarden à Givet (France) / 91 km
  • W6 : Au fil de l’eau – De Chaudfontaine à Erquelinnes / 164 km
  • W7 : Sur la route des Ardennes – De Lanaye à Bouillon / 207 km
  • W9 : La Véloroute grandeur Nature – De Raeren à Martelange / 157 km

Pour en savoir plus, visitez le site RAVeL et Véloroutes, c’est là que j’ai pu trouver quelques infos sur mon parcours.

 

Avez-vous déjà eu l’occasion de découvrir cette portion du RAVeL Anhée à Tamines ? Si ce n’est pas le cas, cet article vous donne t-il envie de tenter l’aventure ?

Pin It on Pinterest

Share This